lunedì 31 agosto 2015

Internet cinese o intranet comunista? Editoriale di Le Monde

Pechino, si legge su Le Monde, ha visto inernet sia come opportunità che come minaccia:
"Opportunité, car le secteur des hautes technologies, protégé, grâce à la censure exercée par le Parti communiste chinois (PCC), de la concurrence des Google, Facebook, Yahoo, Amazon ou Twitter, est florissant. De grands groupes se sont constitués, comme Alibaba et Tencent. Ils font preuve d’innovation et ne se contentent plus seulement de copier les géants américains. (...) Mais, entre la répression et l’innovation, Xi Jinping, le numéro un chinois, semble aujourd’hui avoir fait son choix : il est prêt à sacrifier l’innovation pour garantir la pérennité du PCC aux commandes du pays.
Menace, car le régime ne supporte pas de ne pas pouvoir contrôler ce qu’il se passe sur les réseaux. Comme tout régime totalitaire, il cherche à tout surveiller, contrôler et maîtriser. Il a ainsi dressé une « Grande Muraille du Web » pour s’assurer qu’aucun vent mauvais, du type « printemps arabe », ne vienne troubler la paix et l’harmonie de l’ordre socialiste.
Néanmoins, malgré cela, des espaces de liberté subsistaient, en particulier dans les Weibo, les microblogs surgis à partir de 2008, où les citoyens s’exprimaient, critiquaient et partageaient leurs opinions. Mais, depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, en 2012, ils se réduisent comme peau de chagrin : les Weibo ont été « harmonisés », selon l’expression utilisée pour désigner le passage de la censure. Puis les usagers se sont tournés vers d’autres outils, comme WeChat (Weixin en chinois), une application de messagerie instantanée.
(...)
Un nouveau pas a été franchi avec la décision d’envoyer des policiers aux sièges des grandes entreprises du Web. Le système de sous-traitance de la censure par ces entreprises elles-mêmes était encore trop souple aux yeux des hiérarques communistes. Leur rêve : transformer l’Internet en un intranet. Mais le régime joue un jeu dangereux : il risque d’exaspérer une partie de la population urbaine et de tuer un secteur porteur, en termes à la fois d’emplois et d’innovation technique, alors même qu’il souhaite devenir une économie moins dépendante des bras de l’ouvrier, soutenue davantage par le cerveau des ingénieurs. Rien ne dit que ce modèle de contrôle absolu sera viable, heureusement. Néanmoins, en tentant de le mettre en place, Pékin cherche à imposer à l’échelle planétaire l’idée que le Net peut s’affranchir des valeurs démocratiques qui sont au cœur même de son développement.

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